Picasso à Royan

Le peintre Pablo Picasso (1881-1973) séjourne à Royan pendant une année, au début de la seconde guerre mondiale. Il y est venu pour voir sa fille Maya, âgée de 4 ans qui s’y trouve en vacances avec sa mère, Marie-Thérèse Walter. Il arrive de Paris, le 2 septembre 1939, à bord de son Hispano Suiza. Le lendemain, la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie. À Royan, le peintre est en compagnie de sa nouvelle maîtressse Dora Maar et de son secrétaire, Jaime Sabartes. Ils logent à l’Hôtel du Tigre, non loin de la villa occupée par Marie-Thérèse et sa fille. Au cours de ses promenades, en compagnie de Sabartes, Picasso découvre Royan. Le Marché surtout l’attire avec ses étals de poissonniers qui lui inspireront plusieurs tableaux, de même que l’abattoir, situé non loin de l’hôtel où il réside. Il aime aussi chiner à la brocante ou à l’Hôtel des Ventes où il finira par acquérir un chevalet. Mais il ne dédaigne pas les promenades en bord de mer jusqu’au port, en traversant les jardins du Square Botton. Parfois avec Maya, il se rend dans un café, le Régent ou le Café des Bains, et ce sont des moments dont sa fille garde un souvenir émerveillé. La ville lui procure un sentiment de dépaysement qu’il semble apprécier malgré des scènes fréquentes avec Dora Maar, jalouse de ses visites à Maya et à Marie-Thérèse. Au début de 1940, pour travailler plus à son aise, il loue un atelier à la villa “Les Voiliers”, située Boulevard Thiers, face au port. Durant son séjour à Royan, Picasso a beaucoup peint et dessiné, comme à son habitude. Pas moins de 700 esquisses, croquis, dessins, tableaux sont datés de cette période, dont le célèbre “Café à Royan”. Il s’agit, bien sûr, du Café des Bains, emblématique de la station que le bombardement de 1945 fit disparaître comme une grande partie du centre-ville. En mai 40, Hitler déclenche son offensive éclair et la France est envahie. Le 23 juin 1940, les premiers détachements allemands entrent à Royan. Les réfugiés, les étrangers sont expulsés. Picasso ne se sent plus du tout en sécurité. Il est connu pour être un sympathisant communiste. Or, le Parti communiste est interdit en France. Un incident va précipiter le départ de l’artiste. Dans la nuit du 13 au 14 août 1940, une sentinelle allemande qui gardait le Golf Hôtel, résidence de l’amiral commandant la marine de guerre, est abattue par un inconnu. Une enquête s’ouvre, des représailles s’exercent en même temps que des récompenses sont promises à qui aidera à découvrir le coupable. Le 25 août, Picasso quitte définitivement la ville pour rentrer à Paris.

À voir : l’exposition Royan 39-45, Guerre et Plage – au Musée de Royan à Pontaillac, jusqu’au 31 octobre 2016.

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